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Erreurs de conception, malfaçons, contentieux : comment réduire l'exposition au risque dans le BTP

Erreurs de conception, malfaçons, contentieux : comment réduire l'exposition au risque dans le BTP
Sommaire de l’article

Un désordre découvert des années après la réception, un client qui conteste, un expert qui débarque un matin sur le chantier : pour un bureau d'études, le litige n'est jamais une question de si, mais de quand. Reste à savoir précisément de quoi on parle avant de voir comment s'en prémunir.

Litiges de chantier en France : ce que disent vraiment les chiffres

Pour bien comprendre l'impact des litiges et autres désordres dans le secteur du bâtiment, rien de mieux qu'un tour d'horizon des principaux chiffres.

Un secteur sous tension : l'ampleur du phénomène

Une étude de PlanRadar, menée en 2023, montre que 80% des interrogés ont été confrontés à des malentendus et à des litiges avec les sous-traitants (1). Les coûts supplémentaires, impliqués lors d'une reprise de chantier, représenteraient entre 5% à 10% du chiffre d'affaires annuel des entreprises (5). C'est un chiffre que nous avons également pu vérifier de manière empirique chez Gencior suite à une série d'interviews de professionnels du secteur que nous avons réalisées ces derniers mois.

Au global, la non-qualité dans le bâtiment coûterait environ 10 milliards d'euros par an, soit 10% du chiffre d'affaires total du secteur (4).

Ces chiffres ne sont pas à prendre à la légère, surtout au regard des dernières années : alors que l'évolution du CA dans le secteur du bâtiment est à la baisse (~4% [208 milliards d'euros en 2024, contre 216 milliards en 2023]), France Assureurs montre une sinistralité des de 1 291 M€ (donc ~1,3 milliards) en 2024, en hausse de 20% en un an (après +13,8% l'année précédente, et +6,6% en moyenne par an sur la dernière décennie) (2).

En Europe, nos litiges sont tout de même moins conséquents qu'en Amérique du Nord, où leur résolution met en moyenne 12,5 mois et où le montant moyen des litiges s'élève à 60,1 millions de dollars (6)!

Étanchéité, stabilité, condensation : le classement des désordres

"Que d'eau, que d'eau", comme disait Mac-Mahon ...

Le défaut d'étanchéité à l'eau, avec 67%, remporte de très loin la palme d'or du sinistre le plus représenté ces dernières années (2). Dans les maisons individuelles et les logements collectifs, on peut relever en particulier les désordres liés aux équipements sanitaires, principalement dus aux défauts de calage au moment de l'installation. Les fenêtres et portes-fenêtres sont aussi de plus en plus mises en cause dans les défauts d'étanchéité : les exigences de pose et de performances de la norme RE 2020 ont du mal à être conjuguées. Les toits-terrasses ne sont pas en reste, leur sinistralité liée aux complexes d'étanchéité ayant doublé en dix ans.

À noter que les désordres liés à l'eau, toutes catégories confondues, sont en hausse continue ces dernières années.

Les défauts de stabilité (11%, en légère hausse) arrivent en deuxième position et regroupent tout ce qui touche à l'ossature du bâtiment : scellements, fondations spéciales, murs de soubassement, charpentes. Bonne nouvelle côté fondations superficielles, dont la sinistralité a été divisée par 4 depuis les années 1990 grâce aux études géotechniques obligatoires ; les murs enterrés suivent la même pente descendante.

La sécurité d'utilisation, elle, joue les bons élèves : 10% des désordres, contre 13% auparavant, aux côtés de l'isolation acoustique et de la sécurité incendie, stables depuis des années à un niveau déjà faible.

La condensation inquiète davantage : encore minoritaire (2%, contre 1%), mais en pleine progression. Nouveaux matériaux mal maîtrisés, chantiers fermés hors d'eau avant que l'hygrométrie ne soit stabilisée : les ingrédients sont réunis pour alimenter les désordres de demain.

Restent, à 1% chacun, l'étanchéité à l'air, l'isolation thermique et la sécurité incendie : marginales en fréquence, mais appelées à peser davantage à mesure que les exigences énergétiques se durcissent.

Litiges multiples, résolution longue : le cercle vicieux

L'étude 2017 montre une complexification croissante des litiges de travaux : les dossiers cumulant plusieurs types de problèmes sont passés de 17% à 36% en trois ans (+112%), signe que les malfaçons s'accompagnent de plus en plus souvent de retards ou de non-conformités (8). La nature des litiges varie selon le type de travaux, avec un profil atypique pour les extensions où la non-conformité domine (58%) alors que les malfaçons restent partout ailleurs le premier motif. Enfin, l'étude pointe une méconnaissance persistante des consommateurs sur leurs droits : beaucoup ignorent qu'un simple courrier recommandé n'interrompt pas la , ou que la garantie dommage-ouvrage doit être souscrite par le maître d'ouvrage lui-même et non par le professionnel.

Quand le désaccord n'est pas réglé en amont, deux voies s'offrent aux parties, avec des issues très inégales en temps et en argent. L'expertise judiciaire en bâtiment s'étale en moyenne sur 12 à 24 mois, pour un coût total de 5 000 à 10 000 € selon la complexité des dossiers (7).

La médiation offre une alternative nettement plus rapide et encadrée : la médiation judiciaire est limitée par la loi à 3 mois, renouvelables une fois. Et l'argument économique achève de convaincre : un sinistre qui dégénère en procédure contentieuse coûte en moyenne 7,5 fois plus cher qu'un règlement obtenu à l'amiable (9).

Pourquoi les litiges explosent : le vrai coupable

Deux causes pouvant expliquer la hausse des contentieux dans la construction viennent spontanément en tête : les défaillances d'entreprises du BTP (qui ont bondi de 5,4% au deuxième trimestre 2026 (10)) et le changement climatique responsable des nombreuses inondations et périodes de sécheresse ces dernières années (2). Autre point à garder en tête pour expliquer ces chiffres : la population est de mieux en mieux informée de ses droits ; les recours sont logiquement de plus en plus nombreux (2).

Mais le vrai point noir qui engage la responsabilité du bureau d'études sur de nombreux projets se situe ailleurs. Il s'agit du manque de communication entre intervenants. C'est une cause identifiée par près de 80% des répondants de l'étude menée par PlanRadar au sujet des litiges (1). À savoir que 29 % des litiges de sous-traitance portent sur des contestations de l'étendue des travaux, souvent faute de trace écrite claire. D'après nos sources, c'est une des raisons pour lesquelles les échanges de mails se multiplient : c'est une façon de se protéger en cas de problème.

Ce qui est paradoxal, c'est que ces problèmes de communication ne sont pas nécessairement dus à un manque de données ; au contraire, il y en a souvent beaucoup ! Le problème, c'est qu'elles sont encore largement sous-exploitées. L'information peut se retrouver largement éparpillée dans des tableurs Excel, dans d'interminables conversations par e-mail, dans des documents écrits (Word, PDF, etc.), dans des messageries (type Whatsapp, Teams, etc.) ou même dans les plans 2D et les maquettes BIM. Autant d'informations nécessaires, pour livrer des documents finaux conformes et s'assurer de la qualité tout au long du chantier.

Ce risque est encore amplifié par une réalité structurelle du secteur : le BTP peine à recruter, avec 150 000 à 170 000 postes difficiles à pourvoir chaque année, une pénurie particulièrement marquée chez les ingénieurs structure et les projeteurs BIM (11). Chaque départ emporte avec lui une part de la mémoire du projet : les arbitrages techniques, les échanges informels, les raisons d'un choix de conception. Sans centralisation de cette information, elle disparaît purement et simplement avec la personne qui la détenait, rendant d'autant plus difficile la reconstitution d'un dossier des années après la réception des travaux.

Un exemple symptomatique des problèmes liés à la traçabilité : l' a récemment tenté de relier ses 800 000 dommages recensés dans la base à un bâtiment identifié. Résultat : seulement 25% y sont parvenus, soit environ 70 000 bâtiments, à cause d'adresses manquantes ou mal renseignées (2). Si l'association nationale en charge de prévenir les désordres et d'améliorer la qualité de la construction elle-même bute sur cette difficulté, on mesure l'ampleur du problème à l'échelle d'un simple projet.

Comment réduire l'exposition au risque de votre entreprise ?

Si la cause profonde des litiges est organisationnelle, la réponse doit l'être aussi. Plutôt que de laisser l'information se disperser entre mails, tableurs et mémoires individuelles, l'enjeu est de centraliser la mémoire du projet. C'est le pari que nous avons fait avec BatiSearch, notre solution dédiée aux connaissances du bâtiment.

Concrètement, l'outil permet de retrouver instantanément une preuve, une clause contractuelle ou un antécédent technique, là où une recherche manuelle peut faire perdre plusieurs heures à vos ingénieurs. En cas de litige de chantier, ce gain de temps fait souvent la différence entre un dossier solide et un dossier bancal. Au-delà de la gestion de crise, BatiSearch permet aussi d'interroger l'ensemble des documents d'un projet (mails, PDF, plans IFC ou DWG, Excel, Word) pour obtenir une réponse claire et de centraliser les échanges de conception en équipe pour limiter les malentendus sur l'étendue des travaux, l'une des principales sources de litiges de sous-traitance.

Autre point clé pour un bureau d'études : la solution s'intègre sans rupture dans les outils déjà en place, grâce à une interopérabilité native (IFC, PDF, XLSX, DOCX, DWG) et à des connexions avec les , et existants. Pour des bureaux d'études soucieux de la confidentialité de leurs études techniques, la souveraineté des données est assurée par un hébergement sur un cloud européen.

Mais l'apport le plus stratégique reste celui-ci : transformer une mémoire individuelle, celle de vos ingénieurs, en mémoire collective d'entreprise, exploitable durablement, y compris après le départ d'un collaborateur.

Vous passez encore des heures à chercher un mail ou une clause contractuelle au moment où un litige éclate ? Découvrez comment BatiSearch peut sécuriser la gestion documentaire de votre bureau d'études et demandez votre accès dès aujourd'hui.

SOURCES

  1. Le coût réel d’une mauvaise communication avec les sous-traitants, PlanRadar, 2023
  2. Rapport Observatoire de la Qualité de la Construction, Agence Qualité Construction, Édition 2026
  3. Comment mettre fin aux travaux de reprise de dommages dans la construction ?, PlanRadar, 2023
  4. Sondage Ipsos/LeMoniteur : les professionnels jugent la qualité des constructions, LeMoniteur, 2007
  5. Le coût des travaux de reprise représente entre 5 et 10 % du chiffre d'affaires des entreprises, LeMoniteur, 2023
  6. 15th Annual Arcadis Construction Disputes Report: Construction Disputes in Motion: Speed, Agility, and Adapting to Change, Arcadis, 2025
  7. Comment se déroule une expertise judiciaire en construction ?, 544, 2026
  8. Litiges en matière de travaux : Le consommateur toujours mal protégé, CLCV, 2017
  9. La médiation pour les professionnels de la construction, SMABTP, 2024
  10. Défaillances au T2 2026 : le BTP résiste mais reste sous tension, Business BTP, 2026
  11. Difficultés de recrutement dans le BTP : les métiers les plus recherchés en 2025, r2t, 2025

Écrit par Sarah Ghidalia

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